Jour après Jour Année 20

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en 2020 il y eût une pandémie (plaisir…certes illusoire.. de l’évoquer au passé !)

Celle-ci eût nécessairement des répercussions sur notre travail … mais je vous rassure tout de suite, La Poterie Toramur se porte bien, malgré, autant se débarrasser immédiatement de La question économique qui préoccupe tout le monde, une baisse du chiffre d’affaire de 16 %.

UN HIVER MARQUÉ PAR LA CHIMIE

Le début d’année a été marqué par un contrôle, sur un marché artisanal, de la Direction Départementale de la Protection des Populations, histoire de nous rappeler les règlementations européennes quant à l’étiquetage des prix et des caractéristiques de chacune de nos créations.

Il aurait donc fallu indiquer de manière visible et indélébile, sur chaque pièce concernée, autrement dit le raku, le pictogramme indiquant qu’il ne peut être mis au contact de denrées alimentaires. Sur notre stand comme à l’atelier, le raku est séparé du grès, et les échanges que nous avons avec nos clients nous permettent toujours de rappeler le caractère décoratif du raku, même aux irréductibles de la vaisselle d’inspiration japonaise…

Il nous faut aussi prouver par des analyses au protocoles rigoureux dans des laboratoires spécialisés que nous n’utilisons pas de produits interdits, plomb et Cadmium, dans nos émaux. Dans la règlementation qui concerne exactement de la même manière les grandes industries de la céramique, chaque émail appliqué dans chaque forme (plat, bol, coupe, assiette…) doit être testé. Nous savons que ces éléments ne figurent pas dans nos recettes, mais il faut le prouver ! Tests réussis bien évidemment…

UN CONFINEMENT PRINTANIER … l’occasion :

  • de nous reposer…bien obligés quand la créativité n’est pas toujours au rendez-vous, faute d’échanges bienveillants avec nos clients. Leurs regards, remarques, appréciations mais aussi concrétisation de tout cela par un achat, nous sont apparus définitivement comme indispensables à notre désir et à notre capacité de créer. Heureusement, il y eut quelques commandes spécifiques nous encourageant à mettre nos mains dans la terre, malgré le calme plat de l’atelier.
  • de nettoyer l’atelier de fond en comble ! vider toutes les étagères et les placards, trier leur contenu, dépoussiérer le tout, ranger les outils, réorganiser quelques tiroirs… et même fabriquer une vitrine ! voilà voilà …ça c’est fait…
  • de recycler de la terre ! nous gardons tous les restes d’argile depuis maintenant quatre ans dans de gros sacs qui s’empilent…dans le but de les recycler grâce à un long et fatigant processus de ré humidification, malaxage sur plaque de plâtre et remise en forme par la tête de bélier de chaque kilogramme… il reste encore beaucoup de sacs !
  • de fabriquer des litres et des litres de chacun nos émaux…afin de ne pas tomber à sec en pleine saison touristique… ça occupe bien !
  • de venir enfin à bout de ce jaune qui aura été à ce jour, le plus long et le plus difficile à mettre au point ! Il avait en effet tendance à virer pisseux ou caca d’oie…c’est bon, je le tiens !
  • et bien sur de refaire un bon stock, misant ainsi sur l’inconscience optimiste de Gildas mêlée à mon inquiétude indécrottable quant à une réelle reprise normale des ventes…

UN ÉTÉ DÉ BOR DÉ

Juin a marqué la vraie reprise des marchés, celui d’Audierne le samedi matin particulièrement, où tous nos copains, connaissances, clients fidèles ou occasionnels sont venus gentiment nous saluer avec inquiétude « Et vous ? ça va ? », comme surpris pour certains de nous voir encore là. Je fus frappée à cet égard par le comportement bienveillant de la plupart : réelle inquiétude apaisée parfois par un achat ouvertement militant, « on n’a pas besoin d’un vase ou d’une tasse, mais il faut que les affaires reprennent !  » ; frappée aussi par l’inquiétude feinte d’autres. Le regard fuyant pose la fameuse question mais se fixe au loin, sur les achats nécessaires, comme pressé par une irrésistible obligation de vite remplir le frigo. Il n’ose donc effleurer l’étal d’objets non essentiels, effrayé à l’idée de laisser croire qu’il pourrait envisager de se laisser tenter par du dispensable ! on le rassure au plus vite afin de se débarrasser promptement de sa gêne mal dissimulée. La question finit par nous agacer à la longue. NON ! nous ne sommes pas mourants ! oui, merci, ça va très bien !

Marché artisanal de Camaret sur Mer

Nous avons préféré poursuivre les cours pendant les vacances d’été, histoire d’assurer un petit revenu au cas où il n’y aurait pas de retour à la normale…je vous préviens, chers élèves ravis de la situation, ce sera la dernière fois ! Nous n’avons pas aimé être dans l’obligation de délaisser nos élèves pour s’occuper un temps des visiteurs, et vice-versa ; ni de faire attendre des groupes de clients à l’extérieur, les invitant à patienter… nous n’étions pas trop de deux pour faire la circulation, accueillir, expliquer notre travail, emballer les achats, tout en surveillant et conseillant les élèves sur des aspects techniques… bon… il n’y a pas de photos de ces scènes hallucinantes… on se demande pourquoi ^^

Vous l’aurez compris, malgré l’annulation de quasiment tous les marchés d’artisans, nous avons dû vaillamment courir après le stock entre deux cours…même le four n’en pouvait plus d’enchainer les cuissons !

QUELQUES ANECDOTES estivales RIGOLOTES … vraiment ?

  • Un couple à l’atelier débarque en plein cours ; Madame regarde vite fait les étagères, pendant que Monsieur se passionne pour le travail d’un de nos élèves, ce qui nous agace forcément un peu… Coup de grâce ! en sortant, il demande à Madame de traduire un propos que nous avions bien compris et qu’elle se fait un plaisir de nous rapporter « Ce qu’il a préféré ici, c’est l’oeuvre de votre élève ! »
  • Je trouve que c’est son droit le plus absolu…mais je ne conprends pas un tel manque de tact !
  • Sur le marché nocturne d’Audierne, une dame s’intéresse à nos bols en raku. Gildas lui explique la technique en prenant en main l’un de ses pots pincés, un chawan…s’exclamant « Oui, mais là, c’est plus ambiance maternelle !!! « , vexé mais bienveillant « je ne sais pas comment je dois le prendre… », moi, hargneuse « Mal, forcément ! » Elle semble à peine confuse contrairement à l’adolescente qui l’accompagne ! Moralité de l’histoire ? ne pas se fier aux premières impressions : cette dame nous rendra visite à l’atelier et repartira avec de nombreux sacs, s’exclamant « Ah vraiment, vous m’avez conquise !!! »
  • Un randonneur passe par là, ce qui arrive régulièrement, nous sommes tout prêts du GR 34. Il entre dans l’atelier, fait un tour rapide, s’arrête sur Mille sabords : « C’est quoi ? un attrape poussière ?  » Nous avons à peine le temps de lui proposer deux autres hypothèses, entre objet décoratif et pièce artistique… qu’il sort !

NOTRE PREMIER MARCHÉ DE POTIER !

Comme nous ne vivons de notre passion que depuis 2016, et que nous n’avons aucun diplôme en ce domaine, nous souffrons parfois du syndrome du charlatan. Nous n’avons donc pas chercher à intégrer un marché de potiers trop tôt, le temps de faire nos preuves sans doute. Nous avons été invités par L’association Beauséjour pour participer à celui de Landevennec qui a la particularité de proposer un parcours dans les jardins de particuliers accueillants chacun un céramiste… tentons ! Lors du pot d’accueil, le premier jour, j’ai l’impression désagréable (Gildas dit que je suis parano…) d’être les nouveaux que l’on jauge… peu importe ! nous vivons d’heureuses retrouvailles avec Catherine (son site ici) notre professeure adorée de Ploumoguer. Nous avons reçu un accueil on ne peut plus chaleureux de nos hôtes qui nous laissent exploiter leur terrasse à notre convenance. Une fois installés, nos doutes et inquiétudes se dissipent vite : le temps passe vite, nous faisons de belles ventes, nous sommes céramistes !

UN AUTOMNE RECONFINÉ

Rien à signaler, nous nous reposons un peu, remplissons à nouveau les étagères, nous consacrons aux nombreuses commandes prise durant l’été et préparons mollement Noël…

UN NOËL À L’ATELIER

Tous les marchés de Noël sont annulés les uns après les autres… Nous devrons nous contenter du marché hebdomadaire d’Audierne qui a la bonne idée de mettre de l’ambiance avec une bande sonore noëlesque joyeuse et variée (enfin si on oublie celle de Cabrel…C’était l’hiver, consacrée au suicide d’une jeune femme qui ne croit plus en rien…) Bon ! On y croit ! mais si mais si ! Nous avons financièrement de quoi tenir… même si nous avons aussi besoin des ventes de Noël pour vivre jusqu’à la saison prochaine ! Une fois de plus, nos clients nous étonnent : ils viennent à l’atelier, passent des commandes ; les plus éloignés ne craignent pas de payer des frais d’envoi … Je deviens la reine de l’emballage grâce aux boites d’oeufs que je récupère partout !

À suivre…

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